Echapper aux «verdicts» sociaux Didier Eribon (Vidéo)

Pour la rentrée c’est bien de revisiter ses fondamentaux, dans le désordre, l’intersectionnalité, la notion de peuple, l’idée de commun, et aussi une idée que j’ai eu sûrement avant lui (il n’y a pas de raisons : ) l’idée de divergences des luttes… Et tout ça avec comme une humilité, sans frime…

J’ai déjà bien aimé ce type, là le voir , ça rajoute quelque chose d’assez émouvant…

Pour en savoir plus, trouvé ici:

http://laab.freeboxos.fr:8888/journal/culture-idees/170816/echapper-aux-verdicts-sociaux?onglet=full

Comment s’affranchir des phénomènes de domination ? C’est une des questions qui taraudent Didier Eribon, l’auteur de Retour à Reims, et qu’il retravaille dans son dernier ouvrage. Entretien.

Didier Eribon effectue un nouveau retour sur l’articulation entre la construction des subjectivités et la « société comme verdict » (titre d’un de ses ouvrages, publié en 2013), et poursuit sa réflexion sur les possibilités de s’affranchir, ou non, des phénomènes de domination.

Après Retour à Reims, saisissant essai d’autoanalyse publié en 2009, le professeur à l’université d’Amiens revient avec un texte plus composite, Principes d’une pensée critique (Fayard), qui surprendra peu celles et ceux qui connaissent déjà le travail du philosophe-sociologue. Le livre constitue en effet la réunion de six essais remaniés, tirés de conférences prononcées ces dix dernières années, dans lesquelles il parcourt la plupart des thématiques qui structurent sa réflexion des dernières années, depuis Réflexions sur la question gay (1999) en passant par Une morale du minoritaire (2001) ou D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française (2007).

On passe ainsi, dans ce texte assemblé, de réflexions intimes, par exemple sur la date de naissance, qui n’est pas pour lui « celle de l’état civil (la date de naissance légalement certifiée, administrativement enregistrée), mais celle de la condition que l’on vit, de la séquence historique dans laquelle on s’inscrit, de la situation géographique, de la position politique dont on est le produit », à des charges violentes postulant que « l’incapacité de la gauche, au moment où le marxisme commençait de s’effondrer, à donner un sens et un cadre de perception politiques aux expériences concrètes de ceux qui partagent des conditions d’existence qu’on rangeait autrefois sous le nom de classe ouvrière ou prolétariat aura été en grande partie responsable de la captation par la droite extrême d’une partie du vote des classes populaires » et sur la « conversion de la gauche officielle à la pensée de droite et de travail de démolition de la pensée de gauche par des cénacles bien organisés et bien financés dont ce fut précisément l’objectif affiché et inlassablement poursuivi ».

Et on navigue entre des études littéraires, notamment sur Violette Leduc et son souhait de fonder un mouvement des « bâtards », à des réflexions sur l’insulte ou l’intersectionnalité traversées par une interrogation centrale sur les conditions nécessaires auxquelles des individus partageant une même condition peuvent se constituer en groupes ou en luttes.

L’occasion de se questionner sur la pensée, et les concepts, qu’il est possible et nécessaire de mobiliser aujourd’hui à gauche, alors que Didier Eribon s’avère souvent très critique, et isolé, vis-à-vis d’une large partie de celles et ceux qui se réclament de ce camp, notamment dans les champs intellectuels ou universitaires.

À partir de l’adresse <http://laab.freeboxos.fr:8888/journal/culture-idees/170816/echapper-aux-verdicts-sociaux?onglet=full>

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